INTRO DE MAI

19 avril 2012 par Le Cercle

Environnement machiné

Ce mois-ci, le Cercle et ses collaborateurs tentent de répondre à un monde dévasté par la confiscation de plus en plus patente de nos capacités collectives de penser, d’imaginer, de créer un environnement habitable et viable. Une réponse qui en appelle à notre responsabilité à trahir ce à quoi nous sommes assignés, c’est-à-dire à cette «machination psychotechnique» à laquelle nous réduisons notre pensée…voire qui transforme à notre place le devenir du monde en dispositif mondial globalisé.

Présentée dans le cadre de la Manif D’art 6, l’installation filmique Imachination de John Blouin tente d’esquisser un non-lieu qui échappe à la machine tout en l’informant. Cette Å“uvre multifacette tente de capter ce seuil où naissent et meurent les images captives de notre boucle imaginale, mais aussi de diriger notre regard vers cette frontière d’où s’élancent les lignes de fuite que chacun déploie au coeur de cette Imachination.

De Tchernobyl à Fukushima, l’exposition photo présentée dans nos lieux du 25 avril au 6 mai, nous rappelle que nous avons affaire non plus seulement à un environnement à protéger des dégâts causés par les humains, mais aussi à une nature rendue capable par nos bons soins autodestructeurs, de déranger nos savoirs et nos vies.

Dans la même veine, Entre la science et les ordures de Pierre Hébert projeté ce mois-ci sur nos écrans, nous fait entrevoir le fait que le désarroi politique devant une mondialisation des menaces à venir semblent paradoxalement nourrir un renforcement de nos pratiques « techno-capitalistes » de développement sauvage. Le terme de «durable» confortablement arrimé depuis quelque temps à celui-ci « est tout juste alors ce qui permet au développement de prolonger indéfiniment son agonie».

Enfin, comme nous le souffle l’animation poétique Nausicaa de Miyazaki qui avivera nos matinées de fin de semaine, l’enjeu de la politique contemporaine est le suivant: comment s’auto-organiser? Ou plutôt: comment éviter de rendre impossible la possibilité de l’auto-organisation des formes de vie ? Le problème n’est pas éthique, n’est pas celui de la fermeture à l’autre, mais plutôt celui de l’ouverture ontologique et politique au Soi, à l’irréductibilité de la singularité qui résiste.

En mai, Le Cercle machine de l’indemne, soyez-y!


publié dans LE CERCLE |


Laisser un commentaire