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SORTIR DE SES GONDS

par Caroline Simonis


«Changer l'homme? En quoi cela consiste-t-il? Cela consiste à demander à chacun; Quel est ton désir propre? Ton désir parlons-en. Quiconque s'attache à écouter la Parole et ses incurvations explosives est un esprit révolutionnaire. Les autres soi-disant révolutions ne changeront rien.» F.Dolto, psychanalyste.


Pendant tout l'été, le Cercle héberge un foyer de voix vives qui tentent de s'élever par-delà l'impasse. Nous ne tiendrons plus très longtemps à coups de casseroles et de requêtes devant l'infaillibilité du Pouvoir qui ne cèdera devant aucune révolte. Le Cercle refuse de s'écraser sous les battoirs de l'automutilation qui couve en proposant une ébauche de réflexion autour du couple « Violence et Pouvoir ».

Cette impasse est sans pitié car elle renvoie chaque individu à ce quoi il a du renoncer pour survivre à l'aune du groupe social. Deuil de son propre corps réel, pour s'intégrer, en tant que "membre interchangeable", au corps de l'institution. Fasciné par les paroles rassurantes de la Loi, devenu dans tous les sens du terme, "sujet", c'est-à-dire capable d'un agir reconnaissable, chaque individu est pourtant responsable de s'être laissé "assujettir" à un contrat qui fixe les critères du bien et du mal, du vrai et du faux.

Le goût immodéré du droit pour l'Autorité, pour arrêter l'ordre des causes, stabiliser les plaintes et les hésitations par de nouvelles formulations a ainsi pour but de colmater le vide que toute nature inquiète pourrait pressentir par devers elle. Pour ce faire, établir une autorité sans auteur est essentielle pour agripper, pour indexer toute pensée à un mode de raisonnement, pour encastrer les singularités dans une visée institutionnelle, afin de constituer une « science » de la soumission. Un emplâtre d'opinion majoritaire est institué, prêt à circonscrire autant les cas inusités qu'à assimiler les objections d'où qu'elles viennent.

La dernière ruse du Maître consiste donc à escamoter sa présence en face de l'Esclave : « Devant on ne voit pas sa tête. Derrière, on ne voit pas son dos » nous dit Lao-Tseu qui ne se doutait sûrement pas que sa maxime deviendrait la règle. Les pitres qui dans tous les domaines incarnent l'autorité ne sont en effet plus que des pantins interchangeables au service d'un « processus de dévoration boulimique » qui intègre tout ce qu'il saisit sous la forme d'une valeur qui puisse le nourrir.

 

L'exposition de Marc-André Drouin, « Le sourire des géants », nous dévoile ce sourire impersonnel, obscène qui traverse la figure du Pouvoir. Ses caricatures peignent une bouche qui, comme un gouffre d'énergie noire, avale tout le visage de ces figures politiques ayant marquées l'histoire du Mal et de la Mort.

À notre époque, le Mal n'a plus besoin de « géants » pour faire ses ravages puisque l'individu semble avoir accepté de s'en remettre à ce processus anonyme qui ne cesse de l'exproprier de sa parole. Autrement dit, la parole humaine semble ne plus RIEN valoir dans la balance du Calcul. Ce dernier n'aura pourtant pas résolu l'énigme de la violence qui une fois de plus déploie ses ailes sous les regards apeurés des habitants des villes modernes. Car ne savons-nous pas qu'aux confins où la parole se démet, commence le domaine de la violence, et qu'elle y règne déjà, même sans qu'on l'y provoque? Violence des images, violence du marché, violence du pouvoir sur les scènes où il croit se jouer : médiatiques, politiques, in-dividuelles. Horreur d'un monde qui croît sur le terreau de cette violence qu'alimente le nihil intégré dans nos corps.

Ce qui singularise le moment actuel et dont rend bien compte un film comme Orange Mécanique qui sera sur nos écrans cet été, semble être la confrontation de deux violences sans issue : celle, sauvage, de la jeunesse indomptée non encore saisie par les dispositifs d'apprivoisement, de domestication, et qui débouche sur le meurtre, faisant face à celle du processus même de civilisation activé ici par un certain nombre d'appareils ou de pouvoirs – la police, la prison, les partis politiques. Dans ce film de Kubrick, ces deux violences sont symétriques en ce sens qu'elles sont portées aux extrêmes.

Dans le réel, une affaire comme celle de Rocco Magnota, par exemple, nous force à constater que cette ultraviolence dont les jeunes protagonistes de ce long métrage sorti en 1971 sont les vecteurs, est bien vivante. Elle se mesure à l'aune de la violence de l'autorité, de l'État, des pouvoirs et des institutions qui est aussi une violence extrême. En ce sens où elle se déploie, elle, sur le versant totalitaire, puisque son propre est de priver l'individu de toute liberté en le soumettant à des formes de conditionnement qui font de lui une mécanique le séparant de son désir et le privant de toute autonomie.

La Loi construite pour parer à toute éventualité du Désir ne semble plus capable d'inventer une parole digne d'être crue, de construire un « objet d'amour » qui sache manipuler les menaces primordiales, de concevoir un cataplasme de leurres qui sachent combler les questions et manques des sujets.


 

Ce cataplasme subtilement stratifié pour occuper tout espace d'incertitude, réduire les fractures du sens à l'unité d'un corps certain, se fissure sous les poussées de la pulsion qui cherche à reprendre ses droits. La capture réglée des conflits par un véritable processus de digestion des singularités ne suffit plus.

Le sujet désarrimé du symbolique, de cet ordre de savoir, orphelin de structures qui tiennent, cherche désespérément sur quoi faire tenir son rapport à l'autre. Entre Tu et Vous (entretuez-vous) de Gilles Groulx nous montre bien, à travers la dissolution progressive d'un couple pris dans le délire de la séduction et de la société de consommation, le danger qui rôde dans la dérive des désirs sans objets : où plus rien n'est indiqué par l'autorité, ou le sujet passe dans le sans limite de l'absence de référent croyable et dans l'affaissement de l'interdit.

Faute de limite fiable et d'une parole qui s'adresse à ce qu'il porte en lui d'irréductible et qui cherche adresse, le sujet court le risque de s'abîmer dans la violence et l'auto-destruction. Le film Aguirre, la colère de Dieu, de Werner Herzog, qui animera aussi nos écrans cet été, représente bien par la chute de son personnage principal l'exemple d'un sujet séduit par la tentation de vouloir se confondre avec le lieu de la loi.  

Comme le faisait déjà remarquer Gilles Deleuze dans les années 70 et qui est en train de se réaliser, « Nous sommes dans une crise généralisée de tous les milieux d'enfermement, prison, hôpital, usine, école, famille. (...) Réformer l'école, réformer l'industrie, l'hôpital, l'armée, la prison; mais chacun sait que ces institutions sont finies, à plus ou moins longue échéance. Il s'agit seulement de gérer leur agonie et d'occuper les gens, jusqu'à l'installation de nouvelles forces qui frappent à la porte. Ce sont les sociétés de contrôle qui sont en train de remplacer les sociétés disciplinaires. ». La gestion actuelle de la crise étudiante nous indique en effet que la régulation de la pulsion passe maintenant par le paradigme de la sécurité comme technique normale de gouvernement.

Jusqu'où cela devra-t-il encore aller pour que la pensée humaine accepte enfin de sortir de ses gonds!?

Bon été dans les délires du Cercle!


 
 


05 au 15 juillet

LE FESTIVAL D'ÉTÉ
DE QUÉBEC


Pour une cinquième année consécutive, Le Cercle est la scène officielle des fins de soirées festives du Festival d'été. La programmation passera par des styles aussi variés que l'électro, le hiphop, le bluegrass, le world beat en passant par de l'excellent rock. Pendant 11 soirs, les Kid Koala, Rich Aucoin, Qualité Motel, Plaster, Hollerado, Library Voices et amis vont mettre le feu au 228 pour bien boucler votre journée au FEQ.

On souligne aussi le 1er anniversaire du collectif de djs charcutiers de Québec, le Jewish Deli. Ces 6 djs font danser le public de Québec pratiquement tous les jeudis depuis un an au Cercle. Pour fêter en grand le Jewish Deli part le bal avec une soirée pleine d'invités le 5 juillet avec Nom de Plume (de Radio Radio) et les membres de !!! en mode DJ. Le Jewish Deli sera présent 7 autres fois entre le 5 et le 15 juillet. Je vous invite à aller voir la programmation complète sur notre site ou sur le site du Festival d'été pour en savoir plus.

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19 au 25 juillet

FESTIVAL DES
JOURNÉES D'AFRIQUE


Question de nous dépayser un peu, le Festival des journées d'Afrique nous présente une autre édition forte en danses et rythmes à découvrir. Venez profiter de ces musiques envoûtantes relativement peu présentes sur les scènes de Québec.

Les 7 soirs d'activités au Cercle seront l'occasion de voyager avec des artistes venant des 4 coins du continent africain. Reggae, dub, rap, le marrabenta, et d'autres styles sauront réchauffer votre soirée.

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02 au 05 juillet

FORUM MONDIAL DE LA
LANGUE FRANÇAISE


La Ville de Québec a été choisie comme lieu pour recevoir la première édition du Forum mondial de la langue française. Des participants de tous azimuts seront présents pour penser la question de la langue française dans des sphères aussi diverses que l'éducation, les sciences et l'art.

Une part de la programmation du ce forum sera présente dans des lieux publics tel que Le Cercle, et ce gratuitement. 4 fins de soirées seront au menu du 2 au 5 juillet - Didier Awadi, IVY, Isle Dernière et une soirée de rencontre SLAM France/Québec dirigé par David Goudreault. Une belle vitrine artistique pour découvrir ces formations venant des 4 coins de la francophonie. Pour en savoir plus sur le forum et ses activités publiques rendez vous sur leur
site

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28 juillet / 03 août

STRUNG OUT (28)
THE AGGROLITES (03)

L'été s'annonce bien avec cette belle visite qui arrive. Au mois de juillet, Strung Out s'en vient gratter sa guitare aux sons des deux albums punk rock qui ont solidifiés sa réputation à l'international: «Suburban Teenage Wasteland Blues» et «Twisted By Design». Le groupe est en tournée accompagné de Such Gold, une belle découverte à faire avant leur passage.

Début août, l'excellent groupe reggae/ska The Aggrolites tourne au Cercle. En plus de leur belle carrière solo, ils ont accompagnés Derrick Morgan et Phyllis Dillon, et sont le «backing band» pour le projet solo de Tim Armstrong (Rancid, Hellcat records). Un reggae sale, un ska qui penche vers le rock steady et une voix qui vous réveille - The Aggrolites est à ne pas manquer!


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TRAIC
Par(tout)la rue, un portrait du travail de rue


Cette exposition porte un regard actuel sur la réalité urbaine des jeunes de Québec. TRAIC lève le voile sur une pratique méconnue par la population mais essentielle pour bien des jeunes: le travail de rue. TRAIC Jeunesse est un organisme communautaire œuvrant depuis presque 12 ans dans le domaine du travail de rue à Québec. Ces six travailleurs de rue œuvrent dans des quartiers de Ste-Foy, Sillery, Montcalm, St-Sacrement, L'Ancienne-Lorette, St-Augustin et Cap-Rouge.

Par le regard de photographes aguerris, ce projet souhaite aborder le lien essentiel qui se tisse chaque jour entre ces travailleurs et les jeunes. Les photoreportages réalisés dans ce cadre vous feront découvrir l'univers intimiste de huit personnes qui ont généreusement accepté de se dévoiler à l'objectif de Renaud Philippe (Stigmat Photo) et Francis Gagnon.

* Café-philosophie animé par Thomas De Koninck sur le sujet, le 17 juillet de 14h à 16h30 suivi d'un 5-7 dans l'aquarium

Lieu: mezzanine, et aquarium
Date: 10 au 31 juillet
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ICI

Un avion dans les airs

ICI se veut un regroupement activiste et artistique qui se propose de diffuser la parole citoyenne en l'engageant à des actions. Travaillant à l'ouverture d'esprit ainsi qu'à une diffusion de l'information juste, ICI souhaite susciter le débat social via l'art et la création accessible à tous.

Au mois d'août, ICI proposera une intervention artistique à cheval entre la rue et le lieu public.

Le groupe profitera de l'entrée du Cercle, de sa situation de passage et d'attente, pour inciter à une réflexion qui pousse à l'acte, qui permette à l'individu d'entrer en dialogue avec le collectif dans une dynamique féconde.


Lieu: Entre la rue et le Cercle
Date: 1er au 31 août

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MARC-ANDRÉ DROUIN

Le sourire des géants


Le point de départ de la série de portraits « Le sourire des géants » fut la dentition. Une bouche bien garnie permet de purifier le discours et, par le fait même, de donner naissance à une idéologie bien aiguisée. Par conséquent, Mao, Kim Jong-il, Hitler ou Jésus, pour ne nommer que ceux-là, sont rassemblés pour une réunion mordante. Ils sont assis autour d'une table ronde bien sablée, discutant de leurs positions tranchantes « prêtes à tuer ».

Bien qu'influencé par l'esthétique visuelle de la caricature, ce regroupement se veut un regard absurde et sarcastique sur des personnalités ayant marqué ou qui influencent encore aujourd'hui l'histoire politique et sociale du Mal. Cette série se propose de jouer de manière loufoque avec l'image publique des personnages représentés. Ainsi, ce travail n'est pas un acte politique qui dénonce mais plutôt qui met en lumière la face sombre du pouvoir. 


* Intervention sur le bonhomme géant du Cercle par l'artiste dès le début juillet

Lieu: aquarium
Vernissage: mercredi 1er août
Date: 1er août au 2 septembre
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LA MANIF DE BONHOMMES

Plus de 150 Bédéistes (2012)

Inspiré par les mouvements du « printemps érable», La manif des bonhommes est un projet né d'une idée originale de Cédric Plante de créer, à partir de dessins, une manif virtuelle qui rassemblerait le milieu de la bande dessinée. Tout a donc commencé par l'intérêt d'une poignée de bédéistes et d'illustrateurs intéressés à répondre à leur façon au contexte politique actuel.

Une première réunion s'est tenue à la fin mai à la Maison de la bande dessinée de Montréal pour lancer La manif des bonhommes. Une semaine plus tard, les artistes de la ville de Québec relançait la grande métropole. Et puis boum! C'est toute la province qui s'est engagée avec beaucoup d'enthousiasme. À cette heure, ils sont plus de 150 a envoyer leurs dessins dans les boîtes courriel des instigateurs. La force de cet ensemble appelé à grandir de jour en jour est réunie sur ce site: manif.aencre.org. Ce mois-ci sur nos écrans, plus de 20 minutes de bonhommes dans une manifestation ludique, en marche vers le NOUS!


Sur les écrans tout l'été

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LES ENFANTS DE TIMPELBACH

Nicolas Bary (2008)

Dans le village de Timpelbach, les enfants ne font que des bêtises et résistent à toute forme d'autorité. À bout de nerfs, les parents décident d'abandonner le village… pour ce qu'ils pensent être une journée.

Un village sans parents!

Ce n'est pas une mauvaise nouvelle pour tout le monde. Deux bandes d'enfants s'affrontent alors pour le contrôle des lieux.

Sur les écrans des brunchs tout l'été

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ORANGE MÉCANIQUE

Stanley Kubrick (1971)

« Adapté du roman d'Anthony Burgess, L'Orange mécanique (A Clockwork Orange dans son édition originale britannique de 1962)1, il est à classer dans les films d'anticipation, mais peut également se voir comme une satire de la société moderne.

Ici, c'est une vision d'une cité urbaine où les jeunes ont pris le pouvoir qui est présentée au spectateur. Le film est aussi un peu futuriste, très violent, très psychologique, avec un côté drôle et parfois dramatique. Dans ce film, Stanley Kubrick semble surtout privilégier le climat malsain et dérangeant qui se dégage, ainsi que le côté viscéral, plutôt que la violence graphique visuelle.
» (source wikipedia)

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ENTRE TU ET VOUS

Gilles Groulx (1970)

Une chronique de la vie quotidienne qui rend manifeste la dépendance de l'individu à l'égard de la société de consommation, dans la mesure où elle réduit l'homme et le dégrade par ses structures mêmes, et qui doit, selon l'auteur du film, être contestée et transformée.

Point d'histoire avec épisodes et intrigue, mais une série de sept séquences retraçant la vie d'un couple et sa dissolution progressive dans un univers où la séduction joue sans cesse, dans un contexte socio-économique datant de 1969. .

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L'ACADIE, L'ACADIE ?!?

M. Brault/ P.Perrault (1971)

À l'heure du bilinguisme et du biculturalisme triomphants, l'Université de Moncton, au Nouveau-Brunswick, est le théâtre du réveil acadien de la fin des années 1960, survenu après des siècles de défaitisme et de résignation. Dans une province où 40 % de la population s'exprime en français, il est alors impossible de se faire entendre. Marche contre le Parlement, occupation des locaux, confrontation avec les forces de l'ordre : le film évolue dans les coulisses de l'action et témoigne sur le vif de la détermination des étudiants, qui s'étendra bientôt à une majorité d'Acadiens. Un document inestimable sur la seconde naissance d'un peuple.

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LE FOND D'AIR EST ROUGE

Chris Marker (1977)

De Che Guevara à Rudi Dutschke, de Lénine à Mao, de Charonne à la rue Gay-Lussac, de Cuba à Santiago, « Le fond de l'air est rouge » retrace la montée puis la retombée des utopies révolutionnaires des années 60 et 70. Ce film-culte de Chris Marker constitue un extraordinaire montage d'archives, dans une nouvelle version rééditée par l'auteur.

« … Au cours de ces dix années, un certain nombre d'hommes et de forces (quelquefois plus instinctives qu'organisées) ont tenté de jouer pour leur compte, fût ce en renversant les pièces. Tous ont échoué sur les terrains qu'ils avaient choisis. C'est quand même leur passage qui a le plus profondément transformé les données politiques de notre temps. Ce film ne prétend qu'à mettre en évidence quelques étapes de cette transformation. »


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Joëlle Tremblay, Philosophe

TEMPS TROUBLES

En ces temps troubles, nous sommes reconduits à nous-mêmes. Appelés à nous positionner face à la menace. Bien souvent démunis, désillusionnés et amers quant à la politique, nous cherchons plus que jamais à re-cueillir le fait collectif.  Au prix de se frotter aux gaz lacrymogènes, aux pierres, au poivre de Cayenne et aux balles de plastique; les jeunes ont montré la voie. Nous emboîtons maintenant le pas au rythme de nos casseroles, signe que le foyer collectif québécois est passé des cuisines à la rue.

Car nos cuisines sont vides. Vides de leur âme, vides de leur chaleur si bienfaisante. Nous sommes sans modèle et sans lien; et c’est ce qui fait notre plus grande force pour inventer du neuf!  Nous martelons notre volonté de changement sans savoir vers où mettre le cap; la table est mise pour refonder les bases de notre union. Nous devons répondre à l’urgence de la crise par notre parole et nos actions, il en va de notre avenir à tous.

Le chemin sera toutefois difficile vers le renouvellement du lien collectif. En tant  qu’enseignante de philosophie je suis face à un échantillon social qui me démontre, à chaque cours, le fossé qui nous sépare. Le respect de l’acte de pensée est mal en point, la peur de l’autre palpable, le confort de nos préjugés probant. Écouter et porter attention aux positions qui divergent de la nôtre semble difficile.

[ suite sur le blog ]

 


Samuel Matteau, Citoyen

CRI DE TERRAIN

Depuis plusieurs mois nous parlons beaucoup du conflit étudiant, de la prise de conscience actuelle qui semble annoncer les débuts d’une nouvelle ère pour le Québec : d’un éveil. Ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas seulement une transformation sociale, c’est aussi une révolution individuelle.

La force du mouvement naît du paradoxe suivant : c’est la génération d’enfants post-référendaire, nés dans la solitude de la société du divorce et du Spectacle, qui se retrouvent à devoir opérer un changement de fond et un rapprochement collectif. Nous découvrons notre état de présence, nous découvrons, ébahis, que l’émotion d’être ensemble nous pousse vers l’intime. Les événements que nous vivons sont certainement très révélateurs de notre identité en tant que peuple, mais le sont donc tout autant de notre identité individuelle. Ces transformations marqueront sans doute le reste de nos vies.

La jeunesse est-elle en train de vivre une sorte de rite de passage ?

Depuis le début du mouvement, je suis bouleversé. À vingt-cinq ans, je suis en train de faire mienne des expériences qui m’exigent de désapprendre des notions telles démocratie, politique, société, individu, pour les re-fonder à partir d’une impasse. Voilà le travail qui nous est imparti. Nous vivons les changements sociaux à 200 milles à l’heure, de plein front

[ suite sur le blog ]






01

 
02


Didier Awadi
(Sénégal)
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03


IVY
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04


Isle Dernière
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05


David Goudreault,
Julien Bétant,++
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Jewish Deli, !!! (DJ set)
et Nom de Plume
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06


Moriarty (France)
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Rich Aucoin,
Jewish Deli
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07


Moriarty (France)
info

Rich Aucoin,
Jewish Deli
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08


Sophie Beaudet
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Music N' Friends:
Electrique DJ's ++
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09


Qualité Motel,
Jewish Deli
info

 
10


Hollerado,
Jewish Deli
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11


Quebec Redneck
Bluegrass Project,
The Maggoty Brats
Jewish Deli
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12


Ariane Brunet
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Plaster,
Jewish deli
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13


Marilou
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Buddy McNeil and
the Magic Mirrors,
PONCTUATION,
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14


Chantale
Archambault
info

Boogat, King Abid
CHX Soundsystem
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Library Voices,
Honhee Honhee
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16


 
17



 
18


 
19


Dub inc, King Abid
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20


Zale Seck
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21


Awadi, Webster
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22


CEA
info

 
23


Wazimbo,
Mozambique
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24


Molamizik &
Friends,
Maissa & ses lions,
Willy Léonard
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25


King Shadrock,
Papa T, Neto Yuth
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26

Bravofunken,
Chloé
info
 
27

Cousins + invité

 
28

Strung Out,
Such Gold,
Handguns
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29


  30


 
31

Le Club D'Impro
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 À l'automne au Cercle 
 The Cyborgs 
 Envol et Macadam  
 Joseph Arthur  
 Austra Fanfare  
 Ciocarlia  
 Total Crap
  



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